Développer le langage en maternelle est essentiel, pour différentes raisons :
- tout d’abord parce que "l’école maternelle est une étape déterminante pour l’épanouissement des enfants et la réduction des inégalités, notamment en matière de développement du langage" (https://eduscol.education.fr/608/ecole-maternelle). Ainsi, l’une des 4 priorités de l’école maternelle est de "renforcer l’acquisition et la diversification lexicale", qui est un prédicteur de la réussite scolaire ultérieure.
- ensuite parce qu’un vocabulaire riche permet aux enfants de mieux comprendre et exprimer leurs pensées, ce qui est crucial pour le développement cognitif,
- enfin, parce que le vocabulaire est l’un des piliers de la lecture.
Lors de visites de classes de maternelle dans la circonscription de Tsingoni, nous avons rencontré des élèves de grande section qui étaient invités à s’exprimer, grâce notamment à une mascotte, M. Loup.
En ce début d’année, les enfants doivent saluer M. Loup avant d’entrer en classe : tous les élèves, même les plus timides, saisissent une patte de la mascotte et lui disent bonjour. À travers la mascotte, l’enseignante leur pose ensuite une ou deux questions avant de les inviter à entrer.

La première étape dans l’enseignement du vocabulaire (uniquement à l’oral, en ce qui concerne le cycle 1 bien sûr), c’est de "nourrir" les élèves d’un vocabulaire riche et précis.
Dans cette même classe, l’enseignante a ainsi fait le choix de faire découvrir aux enfants le vocabulaire du livre : pour rester dans l’univers du loup, la mascotte n’est pas loin, et c’est un album intitulé " Mes merveilleuses histoires de loup" qu’elle a choisi. Le choix des albums est important : car pour enseigner un nouveau mot à un jeune enfant, il faut capter son attention.

Avec beaucoup de bienveillance, l’enseignante demande aux élèves de retrouver et de réutiliser le vocabulaire déjà étudié depuis la rentrée. En effet, pour qu’un élève retienne un mot nouveau, il faut le présenter dans des contextes variés.
Ce jour-là, il s’agissait de réinvestir les mots "album", "page de couverture", "titre" ou encore "illustrations", grâce à des questions sur le livre. Les enfants, qui avaient découvert ces mots précédemment (et les comprenaient) devaient les réutiliser eux-mêmes dans des phrases.
Cela leur permet ainsi de passer d’un vocabulaire passif (en réception, c’est à dire qu’ils le comprennent sans être capable de l’utiliser eux-mêmes) à un vocabulaire actif, où ils l’emploient dans des phrases.

Les petits groupes sont bien adaptés à la découverte de mots nouveaux et aux activités langagières : en effet une partie des élèves ne prend jamais la parole et il convient d’y être attentif et d’y remédier. Car pour permettre aux élèves de progresser, ceux-ci doivent s’exprimer. Écouter l’enseignant ne suffit pas.
Une prochaine étape, dans cette classe où les élèves sont en confiance, pourrait être de créer des marottes à partir de l’album, et que ce soit les élèves qui racontent l’histoire en utilisant leurs marottes. Cela pourrait également être la création d’une boîte à histoire : toutes les occasions doivent être trouvées pour faire s’exprimer les enfants.